15 août 2009

On peut compter tous les carreaux du carrelage maintenant.

Tout est vide. Du blanc partout. Un chat quelque fois au milieu d'une pièce. Ça résonne. Des pleurs en écho. Derniers moments dans ma maison. La notre. Je tape les mots aveuglément, je tremble. Ils sont partis, Aurore a mis une photo sur le bord de leur cheminée. Une photo de eux deux. Maman pleure, elle retient Papa, lui supplie de rester. Et moi, je suis dehors, j'assiste à la scène. Je crie. La colère. C'est elle l'enfant, la victime. Moi la coupable. Papa me dit même que je suis dure. Je déteste qu'elle soit faible. C'est elle l'adulte. C'est pas moi. Oh non...
C'est des fleurs fanées dans un vase sale. Des cartons qui ne rentrent pas dans le camion. Un endroit qui ne sent pas notre odeur. Je n'ai plus de maison familliale, plus de chez moi. Je vais habiter dans du locatif. Une maison moche, que je hais déjà. Papa me sert dans ses gros bras, je lui dis merci,parce que sans cette maison, on serait à la rue, mais je n'aime pas cet endroit.
Je ne vois que ce qui je n'aurais plus jamais.
Ça résonne dans le grand salon. Ça résonne parce que je suis toute seule, que j'écoute Yann et que je pleure.
Je n'ose pas l'appeler. Pourquoi faire de toute façon? Je sais que les pleurs par téléphone ne servent à rien. Et ça serait peut-être encore une mauvaise idée.
C'est le baiser d'Aurore alors qu'elle ne m'en fait jamais pour dire au revoir. C'est le regard perdu d'Erwan que l'on croise à vélo sur la route.
Vous allez penser que je m'apitoie sur moi, que j'expose ma vie, que j'en fais trop.
Mais vous savez pas vous comme j'ai du mal. Mal.
J'étais tout en haut de la balancoire, là où on peut presque toucher les étoiles, là où vous vous dites que si vous lacher, vous volez. C'était l'espace d'un temps.

2 commentaires:

Jeanne a dit…

Ma mimie...
C'est horrible, on ne sait pas quoi dire de positif. On est assez faibles nous aussi dans ce cas là. On ne peut que constater la peine et l'horreur de ce que tu vis.
Je crois que si tu n'aimes pas voir ta mère "enfant" c'est peut-être que tu n'aimes pas la voir souffrir. Je crois.
C'est comme les larmes de ma mère. Je peux rien faire si je la vois pleurer. Je crois aussi que nous deux, on aurait envie d'être partout. D'être wonderwoman, et de pouvoir protéger ceux qu'on aime.
Malheureusement, on ne peut pas. Et on ferait mieux de se protéger nous-même avant de faire ça. C'est comme si on roulait sans ceinture.

Je ne peux t'aider, concrètement, que pour le déménagement... La famille, c'est également trop compliqué pour moi 'aussi'...

Hors sujet : J'aime tes petits poissons. <3

Pas hors-sujet : Je t'aime, plus que tout. <3

Pierre a dit…

Et tu gardes tout ça pour toi. Tu aurais pu m'en parler, tout me déballer. Tu l'as pas fait. D'une certaine manière je trouve ça d'une grande sagesse. De l'autre, d'une grande bêtise. Je comprends si tu veux rester seule, ou ne pas mêler certaines personnes à ce "mess". Yeah, it's a fuckin mess. Et tu grandis aussi dans tout ça. Si tu as besoin... voilà quoi. Grandissons ensemble.