Tu sais Papi, il y a des fois où je me sens trop. Tout est en surcharge chez moi. Souris pas, je te vois bien avec tes petits yeux, tu me regardes comme si j'avais de nouveau cinq ans. Tu te mettrais à me prendre sur tes genoux si tu le pouvais et me ferait sauter haut, haut, si haut que je tomberais sur la tapis. Mamie te gronderait et tu répondrais " C'est bon Momo, elle est pas en sucre la petite !". Fais moi voler Papi. Parce que tu sais, il y a des fois où je me sens exclue. Des minutes où je ne suis plus là. Où ils m'oublient. Oh non ! Ils sont pas méchants tu sais. C'est moi qui n'ai plus la force de me faire présente pendants ces petites minutes. Allez viens, on va se promener. On va au parc. Tu sais, je prendrais bien ta main si tu n'avais pas les marques de piqûres. Dis Papi, quand t'as embrassé Mamie la première fois, est ce que tu as eu les petits papillons dans le ventre ?" Je ris parce que tu réponds que les seuls papillons que tu ais eu, c'est les jumeaux qui te les ont cachés dans tes chaussures. Mais je vois bien que tu as la plage d'Oran dans les yeux. Emmène y moi Papi. Fais moi remonter le temps. Donne moi l'occasion de faire en sorte qu'aujourd'hui soit différent pour nous cinq. Parce que le "nous" n'existe plus et que je n'aime pas ça. Oui, ramène moi à Lunel, à la kermesse de juin, aux chichis que tu m'avais offerts pour mon troisième gala. Ramène moi là-bas. On est sur le banc. Et cette fois, tu ne dis rien parce que je sais que, toi aussi, tu voudrais y retourner. Mais tu es plus adulte que moi et ne pleure pas. Ton téléphone sonne. Il faut rentrer. Tu me regarde. "Tu sais Aude, il y a des fois où ..." Tu ne finis pas ta phrase.
25 octobre 2009
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1 commentaires:
C'est beau. C'est triste mais c'est beau. Je t'aime <3
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